Quelle cure choisir parmi les types de jeûne ?

Vous souhaitez vous inscrire à un stage de jeûne ? Vous vous interrogez sur la formule qui vous conviendrait le mieux ? Vous avez bien raison de vous questionner : la restriction alimentaire est loin d’être neutre et peut être très exigeante. Elle se mature et se prépare, car le corps vit dans ce contexte un véritable chamboulement. Il est d’ailleurs conseillé d’être accompagné par un professionnel ou un centre d’accueil spécialisé. Tour d’horizon des types de jeûne par le réseau Jeûne & Bien-être, spécialiste de l’accompagnement des jeûneurs.

Le jeûne hydrique, une pratique exigeante

Lorsque l’on jeûne, le corps est mis au repos. La digestion s’interrompt puisqu’aucun aliment n’est consommé. Seuls les liquides, principalement de l’eau, sont tolérés. Celle-ci est, en effet, indispensable pour éviter la déshydratation.

Le jeûne hydrique consiste à ne boire que de l’eau tout au long du séjour. Une eau de qualité est privilégiée afin de ne pas ajouter de toxines à l’organisme qui cherche à se délester de ses déchets et impuretés. L’eau du robinet n’est donc pas conseillée ; l’eau de source est idéale, ou à défaut de l’eau filtrée ou en bouteille. Les apports hydriques soutiennent le travail de nettoyage global et peuvent atteindre jusqu’à 3 litres par jour.

Selon les possibilités de chacun, ce jeûne sera suivi plus ou moins longtemps. Les naturopathes ont coutume de conseiller de ne pas dépasser trois jours compte tenu du caractère strict de ce régime. Le jeûneur doit être en parfaite santé, motivé et idéalement accompagné par un professionnel spécialiste, surtout si c’est la première fois.

Quelle que soit la durée, comme pour tous les types de jeûne, il est vivement conseillé de s’y préparer sérieusement en amont lors de la descente alimentaire afin de minimiser les effets secondaires ressentis par le corps.

Si cette perspective n’est pas réaliste pour vous, d’autres formules sont possibles comme le jeûne Buchinger, qui tolère d’autres boissons très légèrement nutritionnelles.

Le jeûne Buchinger, l’un des types de jeûne les plus suivis

Cette méthode a été créée par le médecin allemand Otto Buchinger (1878-1966), qui expérimenta la restriction alimentaire pour soigner ses rhumatismes. Elle a donné naissance aux cliniques Buchinger, dédiées au jeûne thérapeutique et réputées dans le monde entier, se situant au bord du lac de Constance et à Marbella en Espagne.

Le protocole Buchinger suit le même objectif qu’un jeûne classique, à savoir de libérer le corps de ses toxines et de le nettoyer en profondeur. Très répandue en France, cette cure   se déroule sous forme de séjours longs, de 5 à 7 jours. Elle possède sa propre méthode, qui repose sur l’introduction des préparations suivantes : tisanes, bouillons de légumes, jus de légumes et jus de fruits frais et aussi potages légers.

L’eau et les tisanes sont consommées à volonté tandis que les autres boissons sont proposées le matin, le midi ou le soir. Légèrement nutritionnelles, celles-ci apportent du sucre et des minéraux. Le premier fournit de l’énergie à l’organisme qui se nettoie ; les seconds limitent la déminéralisation face à la privation de nourriture et exercent également une action alcalinisante en vue d’absorber les toxines acides libérées. Cela permet d’atténuer les effets secondaires du jeûne.

Les jus de fruits se boivent le matin ou le midi tandis que le bouillon de légumes clôt la journée. 

Les tisanes exercent une action clé parce qu’elles soutiennent le processus d’élimination du corps, en stimulant le fonctionnement des émonctoires, notamment le foie, les reins et le tube digestif. Parmi les plantes très précieuses pour le jeûne, citons le romarin, la mauve ou le pissenlit.

Selon les besoins, une petite cuillère de miel peut être prise chaque matin. Cette source de sucre permet de préserver la vitalité et limiter les désagréments de la phase de cétose, caractéristique du processus de jeûne. 

Il est courant d’associer à ce stage de jeûne une activité physique légère chaque jour tels que la randonnée, le yoga ou la marche douce. Cette approche limite ainsi la fonte musculaire et favorise le mouvement, propice au travail de nettoyage corporel. Elle redonne aussi de l’énergie aux curistes et leur fait oublier la sensation de faim.

Le jeûne sec, un régime occasionnel et très encadré

Contrairement aux deux types de jeûne précédents, le jeûne sec exclut tout liquide. Il représente un risque majeur de déshydratation. Il n’est donc pas concevable dans la durée et doit être surveillé. Dans la pratique, il est peu suivi, car fortement déconseillé.

Le jeune intermittent de 16H, une formule douce et aux bienfaits reconnus

Le jeûne intermittent, appelé également fasting, représente une option accessible à tous et globalement sans risques. C’est en cela qu’il est très répandu. Son principe est simple : vous restreignez à 8 heures les plages horaires au cours desquelles vous vous alimentez. Cela signifie que vous ne mangez pas pendant 16 heures. Selon votre préférence, vous sautez le dîner ou le petit-déjeuner ; en général, les pratiquants se dispensent de ce dernier, car cette habitude est plus facile à installer et encore plus s’ils n’ont pas l’habitude de manger le matin ou très peu. Les études ont prouvé que ce régime apporte des bénéfices pour la santé, en prévenant notamment les risques cardiovasculaires et de survenue du diabète. Il a, en plus, le mérite de mieux réguler la satiété et de favoriser la perte de poids sur le long terme, à condition, bien entendu, d’être suivi régulièrement.

Conseils clés pour mettre en oeuvre le fasting

  • Pendant les 16 heures de jeûne, vous pouvez boire de l’eau et des tisanes, mais toutes les autres boissons sont proscrites, y compris le café et le thé.
  • Buvez beaucoup d’eau afin d’accompagner l’élimination par les urines des toxines.
  • Pour initier cette expérience, choisissez la période estivale, car les besoins énergétiques de votre corps sont moins élevés.
  • Pour en retirer un maximum d’avantages, profitez-en pour introduire de nouvelles habitudes et privilégiez une alimentation saine et équilibrée.
  • Lors de la rupture du jeûne, il n’est pas raisonnable de reprendre vos habitudes immédiatement. Lors du premier repas, veillez à manger légèrement et préférez les légumes aux féculents, dont la digestion coûte plus à l’organisme.

Au fur et à mesure de votre expérience, vous pourrez pousser plus loin cette méthode en ne vous nourrissant pas pendant 24 heures. L’effet de détoxification sur votre corps sera encore plus puissant. Pour plus de facilité, nous vous conseillons de commencer le soir en ne dînant pas et de rompre le jeûne le lendemain soir.

Le jeûne alterné, une alternative pour renforcer l’effet du fasting

Parmi les types de jeûne, la formule alternée consiste à jeûner un jour sur deux ; elle représente l’une des variantes du fasting, mais la période d’abstinence alimentaire dure 24 heures. Les autres jours, les personnes mangent normalement. Il est aussi possible de jeûner deux à trois fois par semaine. Cette méthode est intéressante si vous souhaitez maigrir. Elle tolère en plus une faible consommation calorique les jours de jeûne, soit 25 % des besoins journaliers maximum. Le choix des aliments est bien évidemment réduit afin de ne pas surcharger l’organisme. Sont à privilégier les protéines faibles (soja, légumineuses, oléagineux…), les nutriments à faible indice glycémique (patate douce, céréales complètes…), les légumes et dans une moindre mesure les fruits, car ils comportent du sucre. Vous pouvez boire, y compris du thé et du café, mais sans sucre.

Les études ont montré que ce jeûne alterné n’entraîne pas d’excès les jours d’alimentation normale, ce qui aurait pu annuler les effets positifs de la démarche. Avec de la régularité, le corps s’habitue et apprend à réguler son appétit. Le phénomène de compensation ne se produit pas en général.  

Ce modèle est connu pour se rapprocher des habitudes alimentaires de nos ancêtres, qui pouvaient ne pas manger pendant plusieurs jours ou une seule fois par jour. Tout dépendait  des résultats de leur chasse et de leurs cueillettes. Ils supportaient ce régime et étaient loin de se nourrir, comme à notre époque, trois fois par jour. Nous portons en nous cet héritage biologique ; le jeûne peut donc tout à fait trouver une place dans nos vies. C’est la privation sur une longue durée qui est dangereuse, mais les courtes périodes exercent à l’inverse une action bénéfique sur notre bien-être général.  

Précautions à prendre

Quels que soient les types de jeûne, toute expérience demande d’être en bonne santé et de disposer d’une vitalité suffisante.

Notez que des contre-indications existent : maladie cardio-vasculaire, diabète, troubles du comportement alimentaire, fatigue intense ou chronique, pathologie grave avec médication chimique, femmes enceintes ou allaitantes, personnes âgées…

Si vous hésitez, consultez un professionnel de santé spécialisé et un naturopathe qui établira un bilan de vitalité et vous conseillera la formule adaptée. Débuter par un séjour long n’est pas recommandé ; testez d’autres options plus courtes comme le fasting et le jeûne de 24H.

Vous souhaitez vous documenter davantage sur ce sujet ? Visitez les derniers articles de notre blog et notre page dédiée aux séjours à thème.

Conseil de lecture : 

L’art de jeûner, de Françoise Wilhelmi de Toledo, Jouvence Editions

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