3 questions clés pour découvrir la diète cétogène

De plus en plus suivi, le régime cétogène repose sur une alimentation composée presque exclusivement de graisses. Les restrictions nutritionnelles qu’il implique ne sont pas simples ; c’est pourquoi les adeptes le choisissent surtout en raison de problèmes de santé. À l’initiation d’une diète cétogène, plusieurs questions se posent : comment le corps s’adapte-t-il ? Quels aliments sont autorisés ? Quels sont les bienfaits ? Y a-t-il des précautions à prendre ? Explications dans ce nouvel article de Jeûne & Bien-être.

1. Comment le corps s’adapte face à une diète cétogène ?

Une alimentation cétogène ou kéto est constituée essentiellement de lipides (environ 90 %) ; les glucides sont quasiment absents (moins de 5 %). Quant aux protéines, elles sont présentes, mais restent modérées (moins de 10 %). Le corps a besoin de sucres pour produire de l’énergie et il s’adapte quand il en manque. Il dégrade alors les graisses stockées dans le foie via le processus de cétogenèse donnant naissance aux corps cétoniques. Le corps rentre alors en cétose, un état métabolique au cours duquel le corps puise son énergie dans les corps cétoniques. Ces derniers deviennent alors son carburant principal et vont nourrir en priorité le cerveau.

Ce mécanisme mime les changements biologiques intervenant lors d’un jeûne. Le médecin américain, Dr Russell Wilder, qui a mis au point le régime cétogène dans les années 20, a été motivé par ce principe.

Certains effets secondaires se produisent lors des premières semaines suivant le début de la diète, preuve que le corps réagit et s’habitue progressivement aux bouleversements alimentaires. Quelques désagréments peuvent survenir tels que la fatigue, les maux de tête, nausées ou vertiges. Par manque de fibres, des troubles digestifs comme la constipation peuvent se produire aussi et doivent être surveillés sur le long terme.

2. Quelle alimentation cétogène adopter ?

Vous l’avez compris, la règle consiste donc à supprimer l’ensemble des sources de glucides et ils sont présents aussi dans les légumes. Donc la vigilance est de mise, car certains légumes sont plus sucrés que d’autres comme les carottes et les betteraves. Privilégiez les légumes verts, pauvres en glucides, comme les épinards, la salade, les poireaux, les brocolis, les asperges…

Le régime autorise les protéines et les graisses d’origine tant végétale (huile d’olive, de colza, lait végétal non sucré…), qu’animale (viande, certains laitages, poissons gras, beurre…). Les oléagineux sont admis également tout comme les œufs, une excellente source de protéines. Attention aux graisses de mauvaise qualité et transformées comme la charcuterie, les saucisses ou la viande rouge.

La diète cétogène exclut les apports suivants : céréales et produits dérivés à base de sucre (pain, pâtes, riz, semoule…), légumineuses, la plupart des fruits sauf les baies rouges et ceux qui sont peu sucrés (comme le melon), les légumes trop riches en sucre, l’ensemble des desserts, les boissons sucrées et les produits ultra-transformés (qui cachent des glucides).

Ce mode d’alimentation marque une rupture forte avec la consommation habituelle de la population, qui fait la part belle aux glucides, qui représente plus de la moitié des apports caloriques. C’est en cela qu’il est déstabilisant. Toutefois, les recommandations évoquées ci-dessus ne sont pas absolues. Une diète très stricte n’est pas toujours nécessaire ; il importe en revanche de diminuer drastiquement les sucres pour inverser la tendance en faveur des lipides.

Si cette méthode est retenue pour des raisons de santé, notamment en cas de cancer, il est recommandé de manger 4 parts de graisses pour 1 part de protéines et glucides. Si le but consiste à perdre du poids, la formule est plus souple et permet de majorer la quantité de sucres.

Retenez qu’il n’y a pas qu’une seule diète cétogène ; les proportions entre les types d’aliments sont adaptées à chaque personne et à son objectif.

Quelques précautions à prendre :

Vous l’avez compris, la démarche est hautement restrictive et demande d’être prise en main sérieusement. Elle ne convient donc pas à tous. Aussi, il est vivement conseillé de prendre conseil auprès d’un professionnel de santé ou d’un diététicien avant de s’y engager. Celui-ci sera alors en mesure de repérer les contre-indications possibles et d’alerter sur les carences éventuelles qu’il peut générer. Il n’est pas rare, en effet, de proposer des supplémentations afin de pallier le manque de vitamines, de minéraux et de fibres. Un suivi spécifique les premiers mois permet d’encadrer et sécuriser l’ensemble de la pratique. Un naturopathe pourra également intervenir pour guider le choix des menus, un exercice à apprivoiser compte tenu de la complexité de la période d’adaptation.

3. Quels effets thérapeutiques d’un régime pauvre en glucides ?

Le phénomène de cétose est reconnu pour soulager certaines affections.

Dès les années 30, l’épilepsie a été expérimentée, conduisant à des résultats encourageants, notamment chez les enfants. La diète cétogène est aujourd’hui considérée comme un traitement efficace de l’épilepsie ; elle est d’ailleurs prescrite par les médecins dans une quarantaine de pays, dont la France.

Pour les patients atteints d’un cancer, ce régime agit positivement, car il prive les cellules de leur nourriture de base, à savoir le sucre. Dans ce contexte, elles ne se développent plus autant qu’avant, ce qui peut ralentir la progression de la maladie ou prévenir une rechute éventuelle. Les cellules saines bénéficient de plus d’énergie et de vitalité. Comme le jeûne, l’alimentation cétogène fragilise les cellules cancéreuses sans nuire aux autres endroits sains du corps.  

L’effet de cette diète par rapport à un régime traditionnel a été aussi exploré sur le diabète et il apparaît qu’elle permettrait de mieux contrôler la glycémie, puisque la quantité de glucides est considérablement réduite. En conséquence, le recours à une médication antidiabétique serait réduit tout comme les écarts de glycémies liés au repas.

Quant à la perte de poids, le régime kéto serait plus efficace que celui pauvre en graisses, mais les bénéfices sur le long terme ne sont pas avérés. En effet, en raison de son caractère très strict, il est difficile de le suivre au-delà de quelques mois et il peut en plus entraîner des dérapages alimentaires en réaction aux privations.

Les études mettant en évidence ces bienfaits demandent à être encore approfondies pour valider les conclusions. Les contenus, parfois lacunaires, entravent la portée des résultats, ce qui ne permet pas de recueillir l’adhésion complète de la communauté scientifique.

Grâce à cet article, vous en savez plus à présent sur la diète cétogène. Si vous jugez qu’elle pourrait améliorer votre état de santé, se rendre chez un spécialiste de la nutrition pourrait être la première étape. Il est toujours intéressant d’explorer différentes pistes et de réaliser des expériences… À condition d’écouter son corps ; il constitue une boussole très précieuse !

Pour aller plus loin, visitez notre blog dédié à la santé naturelle et aux conseils sur l’hygiène de vie.

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