Se préparer au jeûne : mode d’emploi

En relevant le défi d’une semaine de jeûne, vous allez vivre une aventure unique et profonde. Les témoignages des jeûneurs sont unanimes, mettant en avant les bienfaits d’une telle démarche sur leur bien-être général. Mais comment se préparer au jeûne pour en tirer le maximum de bénéfices ? Quelles sont les étapes préalables pour vivre cette expérience sereinement ? Le suivi de quelques principes clés est vivement recommandé, et pas uniquement alimentaires, afin d’être dans les meilleures conditions physiques et mentales. Tour d’horizon complet par Jeûne & Bien-être de la phase de préparation, l’une des clés de réussite de la pratique.

Quelques notions sur l’alimentation

Évoquer le jeûne, c’est nécessairement faire le lien avec l’alimentation. Afin de comprendre les réactions du corps face à une privation de nourriture, voici quelques notions à avoir en tête. L’alimentation apporte trois types de nutriments clés : les glucides (sucres), les lipides (acides gras) et les protéines (sous forme d’acides aminés). Le corps s’en nourrit au quotidien et stocke les deux premières catégories. Ce mécanisme est différent pour les protéines, car celles-ci doivent être renouvelées chaque jour en raison d’une capacité de stockage très limitée (elles sont présentes dans les muscles).

Les glucides sont stockés sous forme de glycogène dans le foie et les muscles et les lipides sous forme de triglycérides dans les tissus adipeux. Pour fonctionner, le corps transforme le glucose pour dégager de l’énergie. Lorsque le glucose vient à manquer, le corps puise dans ses réserves de protéines, de façon transitoire et très modérée, puis dans les lipides, le vrai réservoir d’énergie. Ce mécanisme s’accompagne du phénomène d’autolyse, qui implique une succession de réactions chimiques au sein de la cellule visant à la nettoyer. Retenez que la cellule lors du jeûne brûle ses déchets pour dégager de l’énergie. Notre corps entier est équipé pour réaliser cette régénération cellulaire, mais celle-ci est considérablement amplifiée lors d’une privation alimentaire, même courte.

Se préparer au jeûne grâce à la descente alimentaire

Les aliments à supprimer progressivement

Plus la durée du jeûne est longue, plus le stade de la préparation est essentiel. L’objectif étant de préparer le corps en douceur à l’absence de nourriture et de minimiser aussi ses réactions durant les premiers jours, qui s’expriment par différents symptômes plus ou moins intenses : maux de tête, fatigue, vomissement, diarrhées… On parle alors de crises curatives, qui témoignent que l’organisme cherche à se débarrasser de ses toxines. Elles sont inévitables, mais moins impressionnantes lorsqu’au préalable la retraite a été préparée sérieusement.

Le principe de cette phase consiste à réduire les aliments et selon un ordre précis. Sa durée correspond à celle du jeûne, soit 7 jours en cas d’un stage d’une semaine.

Une semaine avant votre séjour : vous supprimez tous les excitants (thé, café, alcool…), le sucre (dont le chocolat), les viandes et les produits laitiers. Vous pouvez manger encore des œufs et du poisson (qui sont des protéines animales) jusqu’au palier suivant.

4 jours avant : vos assiettes sont constituées de céréales (complètes ou semi-complètes), de légumineuses (qui contiennent des protéines végétales) et de légumes. Les fruits sont consommés à distance des repas. Sachez qu’à ce stade, le processus de nettoyage du corps a déjà commencé.

2 jours avant : mangez uniquement des fruits et des légumes, et la veille, sous forme de compote, de soupe ou de jus.

Si vous jugez que votre hygiène alimentaire est, en routine, de mauvaise qualité, commencez cette descente au moins 10 jours avant. Vous éliminez les œufs et le poisson à partir du 7e jour.

Priorité donnée à l’hydratation 

Se préparer au jeûne demande aussi d’intégrer un nouvel objectif, à savoir de bien vous hydrater. Boire de l’eau est essentiel au quotidien, mais devient un passage obligé lors du jeûne. L’ensemble des toxines et déchets libérés a besoin d’être éliminé et l’eau joue un rôle clé, même en amont, car elle soutient le travail de détox qui a déjà commencé et qui s’intensifie au fur et à mesure que les apports alimentaires diminuent. 

Buvez entre 1,5 et 2 litres par jour et optez pour une eau de qualité, de source et peu minéralisée ou filtrée. Buvez 2 verres par heure environ et par petites gorgées.

Vous aimez les tisanes ? C’est le moment idéal pour boire deux à trois tasses par jour. Les choix de plantes ne manquent pas : le romarin, le gingembre ou la mélisse exercent une action sur le foie et les intestins tandis que la camomille, la lavande ou le tilleul contribuent à détendre votre système nerveux et faciliter ainsi le sommeil, très souvent perturbé lors de la détoxification.

En complément de l’action de ces tisanes, vous pouvez utiliser des complexes de compléments alimentaires comme le Pack Prépa Jeûne, composés de plantes et produits détoxifiants (par ex. : chardon-marie, artichaut, radis noir ou desmodium).

L’assainissement des intestins

Pour se préparer au jeûne, les naturopathes ont coutume de conseiller quelques jours avant un nettoyage des intestins par l’intermédiaire de l’hydrothérapie du côlon, une technique pratiquée par des professionnels spécialisés. Elle vise à éliminer avec de l’eau tiède les résidus accumulés, dont ceux collés sur la paroi intestinale. Comme le système digestif est ralenti par absence de nourriture, il est préférable d’éliminer les déchets encore présents juste avant la cure, au risque sinon qu’ils stagnent et se putréfient ensuite. Cette méthode favorise aussi un massage interne du ventre et du foie, ce qui active la circulation du sang dans cette zone. Elle peut être très intéressante pour les personnes au transit ralenti. Elle contribue à réduire la sensation de faim lors du stage de jeûne et limite les réactions fortes du corps. Elle n’est absolument pas obligatoire. À vous de tester si vous avez l’occasion de jeûner régulièrement afin d’en ressentir les effets.

La reprise alimentaire : une étape à ne surtout pas négliger

La rupture du jeûne se célèbre lors d’un premier repas léger, qui se poursuit ensuite chez soi dans le cadre d’une reprise alimentaire progressive. Celle-ci est sans doute l’une des plus importantes de la démarche, conditionnant la réussite du jeûne. Il est donc primordial d’avoir cela en tête : les jeûneurs  n’en ont pas terminé une fois rentrés chez eux. Il n’est pas possible de reprendre une alimentation normale brutalement, car le corps doit retrouver un fonctionnement normal. D’une durée égale à celle de cure, cette étape s’étale sur 7 jours, au cours de laquelle vous introduisez les aliments dans l’ordre inverse de leur suppression, les derniers à manger au bout de sept jours étant la viande, les produits laitiers et les excitants. En respectant ces consignes, vous poursuivez les bénéfices de votre pratique tout en douceur.

Se préparer au jeûne, c’est donc anticiper que la semaine suivante, vous devrez vous astreindre à de nouvelles consignes alimentaires, qui vous demanderont d’aménager votre mode de vie. La recherche d’un environnement serein et la prise des repas dans le calme sont vivement conseillées.

La préparation mentale et émotionnelle

Nous le disions en introduction : l’expérience du jeûne est unique. Pour beaucoup, il y a un avant et un après. Prendre cette décision vous engage à différents niveaux, et pas que physiquement. L’ensemble de votre être traverse l’aventure. Vous allez connaître un véritable chamboulement : non seulement votre corps va réagir et s’adapter à l’absence de nourriture, mais il pourrait aussi être le siège d’émotions multiples et c’est une excellente nouvelle. La transformation est complète ; ayez cela à l’esprit. Vous serez ainsi moins déstabilisé et y entrerez avec plus de confiance, surtout si c’est la première fois. Se préparer au jeûne, c’est accueillir simplement les sensations et laisser faire le processus. Idéalement, recherchez au moins une semaine avant à vous détendre : prenez du repos, prévoyez des temps de relaxation, essayez de tenir à distance vos préoccupations habituelles. En ralentissant le rythme, vous envoyez déjà un message à votre corps. Il sait tout bien avant vous et comprend que la cure visant à prendre soin de lui a déjà commencé. Vous allez en plus conserver de l’énergie en vue de votre séjour. Vous l’avez compris, si vous êtes stressé et fatigué, ce n’est pas optimal.

Pour finir, avant de vous décider à vous lancer dans une telle démarche, prenez quelques jours de réflexion et posez vous ces trois questions. Est-ce le bon moment pour moi ? Suis-je disposé à faire une véritable pause, y compris quelques jours avant et après ? Suis-je prêt à m’y engager pleinement ?

« Chacun de nous peut faire des miracles, chacun peut atteindre ses buts s’il sait penser, attendre, jeûner » (Hermann Hesse)

Pour en savoir plus, découvrez dans notre blog notre article sur le stage de jeûne.

Notre conseil de lecture :

Mon cahier pour aller jeûner, Sophie Lacoste, Edition Mosaïque Santé

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