5 idées reçues fausses sur l’alimentation

Les informations en matière de santé sont pléthoriques. De plus en plus soucieux de son bien-être, le grand public a pris l’habitude de se documenter et d’approfondir ses recherches. Quant il s’agit de manger, un certain nombre de préjugés existent : les œufs augmenteraient le cholestérol, le régime sans gluten ne serait pas fondé, etc. Il est parfois difficile de se faire une opinion vis-à-vis d’une idée reçue alimentaire car les sources d’informations sont parfois contradictoires. Éclairages dans cet article sur cinq principes qui entraînent les consommateurs dans la mauvaise direction, avec à la clé des erreurs possibles de comportement.

1. Le danger des graisses : une idée reçue sur l’alimentation bien ancrée

Vous avez sans doute déjà lu que les graisses sont nocives pour la santé, notamment cardiovasculaire. En regardant de plus près, cette idée est rapidement remise en question par les scientifiques qui ne sont pas aussi tranchés sur le sujet. Les lipides sont de deux sortes : les acides gras saturés, lorsqu’ils sont limités, ne sont pas nuisibles et les acides gras insaturés sont nécessaires, car deux d’entre eux (les oméga 3 et 6) ne sont pas synthétisés par l’organisme. D’une manière générale, les graisses sont des constituants des membranes des cellules et elles soutiennent leur fluidité ; le cerveau représente l’un des organes les plus riches en lipides. Les besoins du corps ne doivent donc pas être négligés.

Les acides gras insaturés, essentiellement d’origine végétale, ne sont pas problématiques : ce qui importe réside dans le rapport entre les oméga 6 et oméga 3 qui doit être égal à 4 environ pour prévenir les maladies cardiovasculaires. Or, celui-ci est loin d’être atteint puisque les populations occidentales mangent trop d’oméga 6 aux propriétés inflammatoires (huile de tournesol, oléagineux…). L’idéal consiste donc à se nourrir autant d’une famille que de l’autre. Les consommateurs doivent veiller à maximiser leurs apports en oméga 3, présents surtout dans les poissons gras et certaines huiles végétales.

Quant aux graisses saturées (viande, produits laitiers, friture…), il est prouvé qu’elles élèvent le cholestérol et le taux de sucre dans le sang et sont délétères pour la circulation sanguine. Pour autant, il n’y a pas lieu de les exclure : tout est question de dose, elles seront donc consommées avec modération.

En revanche, l’attention doit être portée sur les aliments industriels et transformés qui sont autrement plus néfastes et ce n’est pas cette fois une idée reçue sur l’alimentation. Ils comprennent en plus des graisses saturées, des sucres, additifs, édulcorants et d’autres ingrédients chimiques. Ils apportent des calories vides, sont dénués d’intérêt nutritionnel et contribuent à augmenter les facteurs de risque de diabète et de maladies cardiovasculaires.

2. Les œufs : une source de cholestérol à limiter

Autre idée reçue sur l’alimentation : lorsque leur taux de cholestérol est élevé, les personnes sont souvent réticentes à manger des œufs. Pourtant cette protéine, d’excellente qualité, n’entraîne pas de risques.

D’une manière générale, retenez qu’une alimentation variée et équilibrée fait partie des leviers pour rester en bonne santé. Manger des protéines, que ce soit des œufs, de la viande ou du poisson, ne comporte pas de danger dès lors que la consommation n’est pas excessive et vise la diversité. 

Il est vrai que le jaune d’œuf est une source de cholestérol, d’où le fait qu’il suscite des craintes ; cependant, celui-ci a un impact limité sur le taux de cholestérol dans le sang. Par contre, ce qui l’influence provient des acides gras saturés et trans de différentes sortes : produits d’origine animale, sucreries, plats préparés, viennoiseries, etc.

De plus, environ trois quart du cholestérol est fabriqué par le corps, en premier lieu le foie. Le reste provient de l’alimentation. Ne vous privez donc pas d’œufs, vous pouvez en manger un ou deux par jour selon vos besoins et vos autres apports protéiques.

3. L’effet de mode du régime sans gluten

Pour commencer, précisons que le gluten est constitué d’un mélange de protéines, dont la gliadine, présentes dans plusieurs types de céréales (blé, seigle, orge…). Chez certaines personnes, il attaque et détruit le système immunitaire au niveau de l’intestin ; dans ce cas de figure, on parle d’intolérance au gluten ou de maladie cœliaque. Celle-ci touche entre 2 et 5% de la population. Les troubles sont plus ou moins sévères et peuvent aboutir sur le long terme à des maladies lourdes, notamment auto-immunes. Le seul remède consiste à le supprimer définitivement de ses habitudes.

Une autre catégorie de population existe, composée de personnes ayant développé une hypersensibilité au gluten. Les signes se manifestent au départ par des maux digestifs divers et une fatigue inexpliquée et continue. La gliadine exerce une action nocive sur le système digestif, déclenchant une réaction inflammatoire qui finit par rendre perméable la paroi intestinale. A terme, comme pour les malades cœliaques, des maladies graves peuvent apparaître. Comme solution, il est conseillé à l’hypersensible de ne plus en manger ou alors très peu une fois que le système digestif est réparé.

L’idée reçue sur l’alimentation « gluten free » fait couler beaucoup d’encre depuis plusieurs années ; ce régime est régulièrement abordé dans la presse sous l’angle d’une tendance à la mode. Les médecins s’y intéressent lorsque leurs patients développent la maladie de cœliaque. Mais les autres désordres liés au gluten sont peu considérés. Et pourtant, les témoignages des adeptes abondent dans le même sens : ils constatent une amélioration sensible de leur état de santé, avec une atténuation, voire une disparition de leurs troubles, en premier lieu digestifs. Des sportifs célèbres, notamment les joueurs de tennis Jo-Wilfried Tsonga et Novak Djokovic, défendent ce régime, qui leur a permis de retrouver une plus grande vitalité et à la clé de meilleures performances physiques.

Vous l’avez compris, ce régime est surtout initié suite à des problèmes de santé ou par des personnes averties, préoccupées par la qualité de leur hygiène de vie. L’effet de mode n’est pas le premier critère déclencheur. Comme les effets se ressentent quelques semaines après la suppression de l’ingrédient, les personnes l’adoptent en routine. Et ce n’est pas toujours facile, car il est présent dans de nombreux aliments, et en premier lieu le blé. Les alternatives au gluten doivent être recherchées et ensuite testées.

La science a peu investi ce sujet, ce qui pourtant permettrait de communiquer davantage sur les bénéfices d’un tel régime. Quelques études sont disponibles, comme celle d’un organisme canadien qui a mis en évidence le lien entre cette protéine et l’état inflammatoire chronique.

4. Le saumon : le poisson gras à privilégier

Le saumon a le vent en poupe ; en France, il se place en tête des poissons les plus consommés avec le thon. Les raisons de son succès ? C’est un poisson gras. Il est riche en oméga 3 et donc bénéfique à la santé cardiovasculaire ; il représente une excellente source de protéines et se cuisine très facilement. Il apporte aussi un plaisir gustatif. En dépit de ces qualités, le saumon est loin d’être un aliment idéal. Deux raisons majeures à cela :

  • il affiche une teneur en polluants forte, notamment les PCB, qui sont des composés utilisés dans l’industrie par le passé et interdits en France. Qu’il soit sauvage ou industriel, les conclusions sont globalement identiques. Il contient des métaux lourds (arsenic, mercure…) et autres produits toxiques.
  • Il est qualifié de prédateur car il se nourrit d’autres poissons, accumulant ainsi sans ses tissus des toxines qui sont difficiles à éliminer. Il est donc conseillé de privilégier les poissons plus petits, comme le maquereau ou la sardine, potentiellement moins pollués car ils se situent au bout de la chaîne alimentaire.

D’une manière générale, les poissons évoluent dans un environnement pollué (en eau de mer ou dans les cages des fermes d’élevage). Acheter un poisson parfaitement sain est pratiquement impossible. Notre conseil est le suivant : diversifiez votre consommation entre poissons gras et maigres. L’ANSES recommande de manger du poisson deux fois par semaine et de varier les types afin de ne pas toujours être exposé aux mêmes sources de toxines.

Heureusement, de nouveaux horizons se dessinent grâce aux initiatives d’éleveurs qui sont de plus en plus nombreux à réorienter leur activité vers des méthodes plus saines et responsables. La culture du saumon est moins intensive, les poissons sont mieux nourris et évoluent dans un espace plus grand.

5. La routine matinale du jus de citron dans un verre d’eau

Le citron est un fruit tropical aux qualités indéniables : il est antibactérien, anti-inflammatoire et représente un précieux aliment détoxifiant. Il est également riche en vitamines. Depuis plusieurs années, sous l’influence de personnalités célèbres et de la presse santé, il s’est installé dans les habitudes alimentaires du petit-déjeuner. Boire un jus de citron pressé dans un verre d’eau tiède drainerait les toxines produites pendant la nuit et fournirait notamment une bonne dose d’énergie pour la journée, grâce à l’action de la vitamine C. 

Ce principe, qui pousse de surcroît à une consommation quotidienne, ne nous semble pas le plus juste. En effet, le citron est une source d’acidité pour l’organisme, que celui-ci n’est pas toujours en capacité de transformer en une base alcaline. Cette faculté dépend du tempérament de la personne et de son niveau de vitalité. Cet aliment est davantage adapté aux sanguino-pléthoriques mais est loin d’être l’allié de tous. Nous le conseillons en cures ponctuelles, lors d’une purge de printemps ou d’une détox d’automne mais pas tous les jours, au risque sinon de faire plus de mal que de bien au corps.

Vous aviez en tête l’une de ces idées reçues sur l’alimentation ? Cet article vous a permis de prendre un peu de hauteur et de disposer d’un nouvel angle de vue. Il n’est jamais trop tard pour changer ses habitudes… A vous de jouer !

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