Faut-il manger bio ou pas ?

L’agriculture biologique connaît un véritable essor, c’est indéniable. Les circuits de distribution se sont considérablement étoffés depuis ces dernières années, rendant l’offre accessible à des prix plus raisonnables. Une majorité de Français déclare consommer des produits bio une fois par mois, et en premier lieu à des fins alimentaires. L’argument revendiqué est avant tout de nature sanitaire, plus qu’environnementale. Ont-ils raison de manger bio ou pas ? Que nous enseignent les études sur les bénéfices pour la santé ? Comment devenir un consommateur averti ? Décryptage complet dans cet article.

Quelques notions sur l’agriculture biologique

Pour rappel, les pesticides possèdent des composants chimiques toxiques destinés à détruire des êtres vivants présents dans les cultures. Que ce soient les herbicides, insecticides ou fongicides, ils polluent les sols et l’air et se retrouvent en bout de chaîne dans notre assiette lorsque les aliments sont issus de l’agriculture conventionnelle.

La filière biologique a le mérite de ne pas utiliser d’engrais ni de pesticides et d’OGM. D’une manière générale, les produits de synthèse, qui posent question du point de vue de la santé humaine et environnementale, sont bannis. Le recours aux additifs est également limité.

Manger par exemple un fruit bio réduit donc sensiblement l’exposition aux pesticides dont la concentration est 10 à 50 fois plus élevée dans les produits traditionnels.

S’agissant de l’élevage, les animaux sont nourris sans hormones ni substances de synthèse. Le gavage des bêtes est par ailleurs interdit.

Issue de méthodes plus saines et respectueuses des animaux, la viande bio contient moins de graisses saturées, dont les oméga 6, et d’ingrédients toxiques.

Pour autant, restons réalistes : ces produits ne sont pas parfaitement sains. La filière est, en effet, autorisée à recourir à des pesticides naturels ou d’origine naturelle, et donc potentiellement nuisibles. À l’échelle européenne, une liste a été établie, comportant les substances autorisées pour la culture bio, mais pour lesquelles il est recommandé de rechercher des alternatives quand cela est possible.

Manger bio ou pas : un choix guidé par les travaux scientifiques

Plusieurs études ont examiné le lien entre l’alimentation et la santé des consommateurs de bio. Publiée dans le journal américain de nutrition clinique, l’enquête épidémiologique française BioNutriNet constitue une référence aujourd’hui. Elle s’est attachée à analyser pendant plusieurs années les liens entre les modes de production alimentaire et la santé des populations et a comparé l’agriculture biologique et traditionnelle. Plusieurs conclusions éclairantes en ressortent :

  • la présence de pesticides est atténuée grâce à l’introduction d’aliments bio.
  • La probabilité de développer un syndrome métabolique, prédicteur de maladies cardiovasculaires, est minorée au sein de la population dont la proportion de produits bio au cours des repas est plus forte.
  • Une réduction de 25 % du risque de cancers a été constatée chez les mangeurs bio réguliers, résultat plus prononcé pour les cancers du sein et les lymphomes. La prise en compte d’autres facteurs dans l’étude, comme les modes de vie, les antécédents familiaux ou les paramètres socio-démographiques, n’a pas introduit de biais.

En dépit de ces résultats, les scientifiques restent sceptiques dans la mesure où une corrélation ne rime pas nécessairement avec une relation de cause à effet. D’autres facteurs indirects peuvent entrer en ligne de compte, comme les habitudes alimentaires en général saines des adeptes du bio ou les atouts nutritionnels des produits bio légèrement supérieurs, qui pourraient donc induire de meilleurs indicateurs de santé.  

À la question de manger bio ou pas, il est possible de répondre avec certitude que ce régime réduit l’exposition aux substances toxiques, ce qui contribue à protéger l’état de santé. Afin d’évaluer les incidences sur la survenue de pathologies, les scientifiques reconnaissent la nécessité de réaliser des études complémentaires.

Manger bio ou pas : un choix guidé par les travaux scientifiques

Les boutiques et supermarchés biologiques sont désormais accessibles ou presque à l’ensemble du territoire français. De quoi réjouir les adeptes et mangeurs réguliers. Mais restez vigilant, car manger bio ne rime pas toujours avec santé. Ayez en tête quelques repères pour vous nourrir de façon saine et équilibrée.

D’une manière générale, lorsque vous entrez dans un point de vente bio, dirigez-vous vers les rayons de fruits et légumes, aux atouts indéniables pour l’hygiène de vie et qui sont particulièrement exposés aux pesticides dans les modes de culture conventionnels. Examinez leur origine afin de privilégier les produits locaux, plus préservés que ceux issus des circuits longs. Les tomates espagnoles sont vendues toute l’année, mais elles n’ont pratiquement aucun  goût. Attendez plutôt le début de l’été qui est la saison de la tomate pour profiter des bienfaits et de la saveur d’une récolte française.

Faut-il manger bio ou pas pour être en bonne santé ? Quelle que soit la réponse, choisissez  avec attention votre nourriture afin de rester indépendant de l’offre en abondance de la société de consommation, en particulier les aliments industriels. Les magasins bio en proposent eux aussi et bien que labellisés agriculture biologique, ils contiennent du sucre, des mauvaises graisses, des substances chimiques de toutes sortes. Ils doivent donc être consommés avec parcimonie, car ils exercent des effets délétères sur la santé. Par exemple, les magasins commercialisent aussi des chips fabriquées avec de l’huile de palme, réputée pour sa nocivité pour le corps.  

Apprenez à lire les étiquettes et retenez que plus la liste des ingrédients mentionnés sur l’emballage est longue, plus il convient d’être méfiant. Des galettes au sarrasin déjà préparées contiennent uniquement de la farine de blé noir, de l’eau et du sel de Guérande, de quoi être complètement rassuré. Elles sont saines grâce à leur composition réduite et sont dotées en plus d’un excellent anti-oxydant grâce au sarrasin. À consommer sans modération cette fois !

Manger bio ou pas ? Vous l’avez compris, la preuve que ce choix nutritionnel améliore la santé ne fait pas encore complètement consensus. Pour autant, chercher à se nourrir autrement en misant sur des produits plus sains apparaît comme une alternative très vertueuse afin de réduire la pollution chimique que subit le corps. « On mange tellement de choses toxiques, que ce n’est pas bon appétit que j’ai envie de dire aux gens, mais bonne chance » , rappelait avec ironie le célèbre agriculteur Pierre Rabhi. Cette filière a le mérite aussi de contribuer à préserver l’environnement. Le réseau Jeûne & Bien-être défend l’ensemble de ces valeurs, qui s’incarnent lors de la réalisation des stages de jeûne. Conformément à la charte, les centres utilisent des produits de qualité et biologiques dans les bouillons et lors du repas de rupture du jeûne et mettent en œuvre une démarche écologique et durable.

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