Ne rien faire : comment retrouver ce plaisir ?

Vous manquez de moments pour vous ? Vous aimeriez appuyer sur le bouton pause sans culpabiliser ? Plus facile à dire qu’à faire ! Le besoin d’être actif et de vivre sous pression est tellement ancré que nous ne savons plus comment ralentir. La société est organisée pour cela. Est-ce une fatalité ? Non, vous pouvez agir pour reprendre votre vie en main et vous accorder des temps d’oisiveté. Comment faire concrètement ? Cet article partage des clés pour vous inviter à ne rien faire, que ce soit au travail et/ou chez vous.

Ne rien faire : un art compatible avec la vie professionnelle

Il n’a jamais été interdit de se reposer au cours d’une journée de travail. Il n’y a donc pas lieu de s’excuser face à des questions éventuelles sur ce sujet. Vous pouvez d’ailleurs faire  allusion au niksen, l’art de ne rien faire chez les Néerlandais, qui souligne que ce concept est un signe de compétences et de sagesse : il permet non seulement d’oser le pas de côté en ralentissant la cadence, mais également de se recharger en énergie afin de mieux travailler ensuite. Très concrètement, voici quelques pistes pour adopter une nouvelle façon de faire :

  • Résistez à la suractivité, qui consiste à travailler sans interruption, y compris lors du repas de midi. Accordez-vous de vraies pauses, de quelques minutes et plusieurs fois dans la journée. Ces instants, même brefs, reposent votre mental : profitez-en pour aller boire un verre d’eau, vous étirer, sortir dehors, faire des exercices de cohérence cardiaque devant votre ordinateur ou regarder à l’horizon si le cadre s’y prête.
  • Le déjeuner vous appartient, libre à vous d’en profiter comme bon vous semble. Quitte à sortir un peu des sentiers battus, déjeunez régulièrement seul pour savourer un moment de tranquillité avec vous-même. Laissez vos pensées vagabonder et abandonnez votre smartphone dans votre poche.
  • Soyez attentifs à votre rythme et pas à celui imposé par la société et l’entreprise. Certaines personnes sont plus productives le matin que l’après-midi et inversement. En comprenant votre fonctionnement, vous repérez facilement les moments où l’introduction d’instants à ne rien faire sera particulièrement adaptée.  
  • Essayez de limiter les sources de distractions, notamment les écrans, qui volent votre attention et nuisent à votre santé mentale. Lors de votre niksen, ayez un carnet à côté de vous pour écrire les idées qui surgissent et vous obsèdent au point de perturber vos minutes de repos. Vous y reviendrez ensuite. En agissant ainsi, vous reprenez le contrôle de votre mental, le rééduquez en lui donnant de nouvelles habitudes plus saines et retrouvez ainsi plus d’attention au présent.

Retenez que cet art de vivre vise la récupération et le repos ; et il contribue à la réussite de votre journée. Cette approche nécessite, nous en convenons, un apprentissage et une dose de courage pour sortir du cadre de la vie en entreprise. Si vous êtes freelance, vous êtes alors dans les conditions idéales pour exercer votre liberté.  

Introduire le niksen chez soi

La maison constitue le lieu par excellence des occupations, des obligations et du stress aussi lorsqu’on y vit en famille. Comme au travail, il est parfois difficile de s’y préserver et de trouver du temps pour soi. Il n’y a rien de plus déstabilisant que d’être assis sur un canapé à ne rien faire alors que nous sommes tenté de regarder la télévision ou de préparer le repas. Quelques astuces existent pour expérimenter le niksen sachant que remettre en cause des habitudes bien enracinées ne s’opère pas en un claquement de doigts. Dans ce concept, il est bien question de progressivité et de volonté.

Créer un environnement adapté

Le livre d’Olga Mecking recommande de réorganiser son espace de vie afin de s’y sentir bien. Les lieux ouatés comme un canapé douillet, assorti de coussins et d’un plaid en ’hiver donnent envie d’y rester ; si en plus, vous aménagez votre salon autour d’une cheminée ou d’une fenêtre, plutôt que face à une télévision, vous serez dans les meilleures conditions pour éloigner les anciens réflexes, surtout celui d’allumer la télévision. Quand vous savez qu’un espace confortable vous attend chez vous, vous êtes tenté de vous y blottir pour faire une pause, avec une bonne tisane à déguster.

Se libérer de certaines tâches

Par peur du vide, nous avons tendance à nous créer des obligations, voire à nous surcharger d’engagements alors que le face-à-face avec soi-même nous apporterait un repos salutaire. Quand votre petite voix intérieure vous enjoint de vous occuper à tout prix, reprenez le contrôle et posez-vous les trois questions suivantes :

  1. Cette tâche vise-t-elle à améliorer ma santé et mon bien-être ? Si la réponse est oui, réalisez-la.
  2. Est-elle nécessaire ? Si oui, faites-la.
  3. Relève-t-elle obligatoirement de ma responsabilité ? Si non, ne la faites pas et déléguez-la à une autre personne.

Les femmes supportent encore aujourd’hui une grande part des activités domestiques ; en découle une charge mentale importante. En recherchant une aide extérieure ou en confiant sans culpabilité des tâches à leur conjoint, voire leurs enfants, elles retrouvent des fenêtres de disponibilité pour développer ce nouveau rapport au temps et au niksen. In fine, l’enjeu revient à apprendre à poser des limites et à dire non aux activités qui ne sont ni épanouissantes ni utiles. Chaque membre de la famille a droit à son instant de repos.

Ne rien faire ensemble

Les parents représentent des modèles pour les enfants ; en développant une nouvelle façon de vivre, ils contribuent à façonner la génération future qui prendra de bonnes habitudes très tôt. Pourquoi ne pas relever le défi d’apprendre à vos enfants à rester tranquilles sans être tout le temps dans l’action ou le jeu ? Olga Mecking soumet aussi cette idée originale de ne rien faire ensemble. De tels moments, même dans la convivialité, peuvent être tout à fait délicieux, comme d’observer le soleil se coucher dans le silence, à deux ou à plusieurs.

Chaque stage de jeûne, tel que le réseau Jeûne et bien-être le conçoit, prévoit l’après-midi un moment où le jeûneur est invité à se reposer et à ne rien faire s’il le souhaite. Cette composante du séjour est essentielle, car elle participe au bon déroulement du processus du jeûne. Quand la météo le permet, il n’est pas rare que les jeûneurs se retrouvent à l’extérieur pour goûter dans le silence à la quiétude de la nature. Cette atmosphère, particulièrement apaisante, est très appréciée de tous. Sans le savoir, ils font l’expérience du niksen !  

« Ne rien faire, ce n’est pas rien et cela peut même devenir énorme quand on constate les bénéfices pour notre santé physique et émotionnelle. » (Olga Mecking)

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